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Jean Desprès, Orfèvre des temps modernes

· Portrait d'artiste

Jean Desprès (1889-1980) est un orfèvre français. Il est l’un des plus grands représentants du mouvement Art Deco. Ses bijoux et ménagères en argent martelé sont inspiré du cubisme. Surnommé, «le Picasso des bijoux », Jean Desprès présente ses créations dans de nombreuses expositions nationales et internationales. Son travail est reconnu et récompensé par plusieurs prix. Il compte parmi ses clients de nombreux écrivains et artistes importants comme François Pompon, Paul Signac, André Malraux , Andy Warhol ou encore Joséphine Baker.

Issu d’une famille de maitre verrier, Jean Desprès est dès son jeune âge, placé en apprentissage chez un ami de son père, orfèvre à Paris dans le quartier du Marais. Il suit également des cours de dessin et se passionne pour le cubisme. Jean Desprès fréquente le milieu artistique parisien. Dans la cité artistique du Bateau-Lavoir, il rencontre Modigliani, Picasso, De Chirico, Soutine, les Delaunay, Fernand Léger ou encore Braque, avec le lequel il lie des liens fort d’amitié.

Les "bijoux-moteur"

Pendant la Première Guerre mondiale, Jean Desprès est affecté dans des ateliers d’aviation militaire. Cette expérience va profondément marquer son travail. Inspiré par les pièces de mécanique aéronautique, il crée dans les années 30 les « bijoux-moteurs », inspirés par l’esthétique industrielle. Bielle, engrenage et roue dentée inspire les formes de ses bagues, bracelets, collier, broches et pendentifs.

Jean Desprès s’inscrit dans le courant d’avant-garde en bousculant les codes de la haute joaillerie :

« Je ne suis pas un bijoutier. Je travaille avec force, pas avec finesse »

Son travail interroge et suscite l’intérêt. Portés par une nouvelle génération de femmes modernes et émancipées, les créations du « Picasso de l’orfèvrerie » crée également l’émoi dans le milieu artistique.

Inspiré du Cubisme, du Futurisme ou du Constructivisme russe, les bijoux sont abordés comme de véritables parures sculpturales, aux formes géométriques et épurées. Les créations présentent un aspect architectural remarqué par le sculpteur François Pompon qui s’écrie, en 1932 :

« Mais, mon petit, c’est de l’architecture » (François Pompon, sculpteur)​

Jean Desprès expose pour la première fois aux Indépendants en 1926. En 1928, le Salon d’Automne lui refuse une trentaine de pièces, jugées trop « modernes ». S’ensuit de nombreuses expositions nationales et internationales : la manifestation « L’Art et l’Aéronautique », 1ère Exposition Internationale de la poste aérienne, l’Exposition « International Exhibition of Modern Jewellery, 1890-1961 », du Victoria & Albert Museum de Londres, le Salon d’Automne en 1961, l’Exposition du Louvre: « Dix Siècles de Joaillerie française » en 1962…

Son travail est reconnu et salué par plusieurs prix dont la Médaille d’or de la Fédération Nationale des Chambres Syndicales de France et de l’Union des Horlogers Bijoutiers et Joailliers en 1962.

Les « bijoux-glaces »

De 1929 au milieu des années 30, Jean Desprès crée les « bijoux glaces » en collaboration avec
son ami peintre et graveur Etienne Cournault. Ces bijoux incorporent des petits tableaux cubistes peints sur verre par l’artiste. Ils ont été présentés en 1931 à l’exposition de l’Aviation et de l’art moderne au Pavillon de Marsan.

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Pendentif en verre et Onyx, Circa 1930, Jean Desprès. Source photo : Paris originals

Les « bijoux-céramiques »

En 1937 Jean Desprès rencontre et se lie d’amitié avec le peintre animalier Paul Jouve et le céramiste Jean Mayodon avec lequel il s’associe pour créer les « bijoux céramiques ». Les trois amis, surnommés les « Trois Mousquetaires », exposent ensemble. La série des « bijoux céramiques » propose des pendentifs, colliers, broches et bracelets comportant des médaillons en céramique dans style néo-classique réalisés par le céramiste.

En 1940, le commerce de l’or et des métaux précieux est suspendu avec l’arrivé des troupes allemandes à Paris. Jean Desprès poursuit son activité à partir de matériaux fournis par ses clients ou des métaux pauvres (fer, cuivre ou bronze). Dans les années 40, il introduit le design de la « gourmette », un motif de chaine à large maillon qu’il utilise pour décorer ses créations. Il imagine également de nombreuses pièces d’art de la table : vases, services à thé et à café, couverts, plateaux, chandeliers…

Dans les années 70 son travail s’appuie d’avantage sur des motifs simples et des surfaces martelées. Jean Desprès dépose définitivement son marteau en 1977.

Son travail est exposé au Musée d’Avallon dans l’Yonne et au Musée des Arts Décoratifs auxquels il a fait don d’une partie de son oeuvre.

Photo de couverture : Andy Warhol’s Collection of Jean Després Jewelry, Sotheby’s Auction, New York, April 27, 1988

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