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La céramique de Vallauris

· Histoire d'un style

Réputée pour sa production de céramique, la commune de Vallauris, dans le Sud -Est de la France, a accueilli de nombreux artistes et artisans potiers et a vu naitre le renouveau de la céramique en France au XXe siècle.

La présence de « terriers » (puits de terre) sur la commune permet le développement de la production de céramiques. Le XVIe siècle marque le début de la céramique à Vallauris et deviendra son activité principale au XVIIe siècle sur un modèle artisanal et familiale. L’arrivée du chemin de fer permet l’expansion de la production locale et c’est à partir du XIX et du XXe siècle que les manufactures se développent dans la région.

L’arrivée de nouveaux matériaux (aluminium, fonte, inox) sonne le déclin de la poterie culinaire. C’est une autre forme de céramique qui se développe à partir des années 1940 : la céramique artistique, avec, en figure de proue, Pablo Picasso. De nombreux artistes se réunissent à Vallauris dans la production de céramiques parmi lesquels André Baud, Roger Capron, Alice Colonieu, Robert Picault, Jean Derval, Henri Grailhe, Robert Pérot ou Juliette Mazaudois, Marcel Giraud, Robert Picault, René Maurel, Henri Grailhe, Ozère, Juliette Laurent-Mazaudois, Max Boissaud, Les Archanges (Gilbert Valentin), La poterie du Grand Chêne (Odette Gourju et Lubina Naumovitch), Jacques Innocenti, Juliette Derel, Les Argonautes (Isabelle Ferlay et Frédérique Bourguet), Eugene Fidler, Alexandre Kostanda, Gilbert Portanier, François Raty, l’atelier du Tapis Vert, Gabriel-Sébastien Simonet dit « Sébastien ».

Les céramiques de Picasso à l'atelier Madoura

picasso madoura

Pablo Picasso dans l’atelier Madoura à Vallauris, Circa 1948

L’artiste réalise à partir de 1947 une production de céramique dans le célèbre atelier Madoura de Suzanne Ramié, éditeur exclusif des céramiques de Picasso. Les céramiques reprennent les thèmes récurrents de l’oeuvre de l’artiste (tauromachie, nature morte…), dans un style cubiste et sont traités avec des techniques diverses : émaillage, incision…

À partir de 1956, il expérimente une série de céramiques estampillées et non émaillées : les pâtes blanches. Ces céramiques sont purement décoratives et revêtent la forme de visages, de tête de taureau…

En 1964, il expérimente les « linocéramiques », une transposition en céramique de la linogravure. Picasso obtient cet effet par une technique de surmoulage en terre cuite d’un moulage en plâtre du plateau de linogravure.

La céramique de Jean Derval

Jean Derval (1925-2010) suit une formation artistique à l’École des Arts Appliqués de Paris. C’est lors de la création d’un service en grès pour Christofle que l’artiste développe son intérêt pour la céramique. Il se forme aux différentes techniques à l’atelier Maubrou-Pigaglio à Saint-Amand-en-Puisaye. Il retrouve à Vallauris en 1947 les deux autres membres du club « les trois coqs », Robert Picault et Roger Capron. Il entre dans l’atelier Madoura aux côtés de Picasso en 1949.

En 1966, le premier concours national de céramique est créé dans le but d’affirmer et de maintenir la qualité de la production. De nombreuses productions non revendiquées et utilisant un tampon générique restent anonymes à ce jour. Jean Derval crée en 1951 l’atelier Le Portail, spécialisé dans les pièces uniques où il produit des poteries d’inspiration antropomorphe et zoomorphe mais également religieuse et mythologique. Technicité et souci du détail caractérisent la céramique de Jean Derval. Fasciné par ce travail, Roger Capron fait appel à lui pour différents projets de 1967 à 1973.

La céramique de Roger Capron

Roger Capron (1922-2006) rencontre Jean Derval à l’école des Arts appliqués où il enseignera le dessin à partir de 1945. Il s’installe à Vallauris en 1946 après avoir découvert la céramique et crée l’atelier Callis en association avec Robert Picault (puis Jean Derval). Animé par l’envie de « faire du beau à la portée de tous » il rachète une ancienne fabrique de poterie à Vallauris pour créer des productions en série selon une logique semi-industrielle inédite dans le domaine de la céramique. Sa renommé devient internationale : triennale de Milan, exposition internationale de Cannes… Il remporte de nombreux prix.

À la fin des années 50, Capron travaille des carreaux de faïence qu’il utilise pour le plateau de tables basses aux compositions géométriques qui ont participé à sa renommée. La manufacture ferme en 1982 suite à la crise économique. Roger Capron continue de créer des pièces uniques et collabore avec d’autres céramistes sur des grands projets. Vers 1990 il crée des pièces cuites en recourant à la technique de la terre enfumée, qu’il vend à des galeries du monde entier. Il se consacrera ensuite à la sculpture en ronde-bosse. Roger Capron a contribué au renouveau de la céramique à Vallauris et à son expansion grâce à la production semi-industrielle de son atelier.

La céramique de Robert Picault

Robert Picault (1919-2000) est l’un des trois fondateurs de l’atelier de céramique Callis à Vallauris, avec Roger Capron et Jean Derval. Roger Picault est connu pour avoir modernisé la poterie culinaire, fidèle à sa devise » de la cuisine à la table « . Il oriente son travail autour des objets du quotidien. Ses céramiques à décor géométriques vert et brun sont emblématiques de son travail.

Céramique de Robert Picault, Galerie Stimmung

Robert Picault fonde son atelierChemin du Fournas en 1948. Il y crée des poteries tournées, vernies à l’alquifoux et à l’émail noir. Les motifs sont simples, les couleurs utilisées avec parcimonie.

Dans les années 60, il prend la direction d’une usine de céramique en Sardaigne pour l’Aga Khan. Seront produites, des céramiques monochromes aux couleurs vives et réalisées à la main. Il travaille ensuite pour les Faïenceries de Longchamp.

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